Le gentilhomme du Jeune Théâtre d'Appoint cherche à devenir bourge


Si l'on vous demandait de citer ne seraient-ce que dix oeuvres du théâtre classique francophone, nous sommes prêts à parier que Le Bourgeois gentilhomme vous vienne à l'esprit. Il est fort improbable que votre professeur de français ou de littérature n'ait jamais fait référence à cette célèbre comédie-ballet lors d'un de ses cours, voire carrément impossible si vous avez un jour foulé le plancher d'un conservatoire.

 

Nous gageons également que vous n'avez pas souvent assisté à l'adaptation d'une telle oeuvre transposée dans un langage à la mode pour la génération des comédiens qui l'interprètent. Et encore moins si ces comédiens vivent toujours le coeur de leur adolescence. Pourtant, au Jeune Théâtre d'Appoint, c'est bien ce que vous allez découvrir en mars prochain.

 

Le Bourgeois gentilhomme est une véritable satire des classes sociales (tant de la classe moyenne prétentieuse que de l'aristocratie vaine et snob) et des tentatives de l'homme à l'ascension sociale. Le personnage principal, Monsieur Jourdain, représente l'archétype du bourgeois enrichi, inculte et arriviste. Son hypocrisie, sa propension à la flatterie pour arriver à ses fins, mais aussi sa vanité et sa passion pour la manipulation, sont tournées en ridicule par le génie qu'était autrefois Jean-Baptiste Poquelin.

 

Monsieur Jourdain, bourgeois de son état, entend adopter les manières des gens de qualité.  Il décide de commander un nouvel habit plus conforme à sa nouvelle condition et se lance dans l'apprentissage des armes, de la danse, de la musique et de la philosophie, autant de choses qui lui paraissent indispensables à sa condition de gentilhomme. Il courtise Dorimène, amenée sous son toit par son amant, un comte autoritaire, qui entend bien profiter de la naïveté de M. Jourdain et de Dorimène. Sa femme et Nicole, sa servante, se moquent de lui, puis s'inquiètent de le voir aussi envieux et tentent de le ramener à la réalité du mariage de sa fille Lucile avec Cléonte. Mais ce dernier n'étant pas gentilhomme, M. Jourdain refuse cette union. Cléonte décide alors d'entrer dans le jeu des rêves de noblesse de M. Jourdain...

 

Si le texte de l'adaptation est emprunté à Molière, l'auteur Rudy Goddin s'est tourné vers Shakespeare pour baptiser la pièce que le Jeune Théâtre d'Appoint vous propose : To be bourge or not to be bourge.

 

Jack Jordin, directeur de la société "Boîte de vache qui rit" voit son entreprise décliner. Sa secrétaire imagine réaliser un clip publicitaire pour redorer le blason de la société. Il est impératif de toucher une nouvelle clientèle plus jeune. Pour réaliser ce clip, la secrétaire fait appel à divers spécialistes : un danseur de hip-hop, un DJ, un maître d'armes, un spécialiste en ésotérisme... Voilà donc Jordin en plein apprentissage... Parallèlement à cela, il s'est entiché de Doris, autre directrice de société, qu'il espère séduire grâce à l'aide de son ami Gontran. Pendant ce temps, sa femme Monique tente de le convaincre de marier leur fille Lucile au jeune Olivier...

 

Douze comédiens âgés de 13 à 19 ans, et leur metteuse en scène Virginie Pierre, ont ainsi respecté à la lettre l'original de la comédie-ballet, cinq siècles après sa première représentation. Ce qui fait la force de la pièce, c'est son éternelle intemporalité, elle ne passera jamais de mode. La preuve avec To be bourge or not to be bourge : à l'image de Monsieur Jourdain, Jack Jordin se donne un air, il modifie son comportement et sa personnalité pour entrer dans les carcans de la société des années 2020. Tout cela se décline en un véritable cocktail humoristique ;  on ne peut que rire de bon coeur de l'inconfort dans lequel Jordin et ses acolytes plongent malgré eux au travers de leurs nombreuses expériences incongrues.

 

To be bourge or not to be bourge n'est toutefois pas une pièce inédite. En effet, dès 2001, Virginie Pierre, comédienne aux Baladins du Miroir, metteuse en scène et professeur d'arts de la parole à l'académie d'Eghezée, a déjà transposé ce classique de Molière au langage de la jeunesse de son époque. Chaque mise en scène de la pièce subit un lifting adapté à la génération qui la joue. Rudy Goddin et Virginie se connaissent par ailleurs depuis de nombreuses années.

 

Cette parodie drôle et touchante vous mettra totalement au diapason du vocabulaire adopté par vos propres enfants. Alors, to be bourge, or not to be bourge ? Telle est la question !

 

À découvrir du 3 au 18 mars 2023 à la Salle Côté Cours à Jodoigne. Pour les infos pratiques et les réservations, cliquez ici.